La problématique parait complexe mais reste assez simple pour celui qui y regarde de plus près.
Les juges de Strasbourg n'ont pas confirmé une décision de 2008 qui refusait aux procureurs français la qualité de magistrats en raison de leur dépendance au pouvoir politique.
Rappelons que les décisions de la cour Européenne des droits de l'homme
s'impose aux États membres.
- Les juges de Strasbourg soulignent que le contrôle de la détention doit être assuré par un magistrat présentant "les garanties d'indépendance à l'égard de l'exécutif et des parties, ce qui exclut notamment qu'il puisse agir par la suite contre le requérant dans la procédure pénale, à l'instar du ministère public".
Il
demeure donc une forte ambiguïté sur la compatibilité de ce principe
avec la réforme française, qui fera du procureur, nommé sur décret du
chef de l'Etat un homme ou une femme à même de recevoir des ordres du gouvernement.
Le ministère
français de la Justice estime à contrario que ce rôle ne sera pas incompatible avec
la réforme. Le ministère met en avant le fait que le projet maintient le rôle du juge des
libertés, chargé des placements en détention provisoire pendant les
enquêtes.
On peut cependant s'interroger sur l'indépendance et le poids du procureur dans le texte tel qu'il est envisagé par le gouvernement.
A bien y regarder on constate que le procureur :
- décidera ou non des poursuites,
- fera arrêter des suspects,
- les fera placer en garde à vue,
- conduira l'enquête,
- décidera du renvoi ou non des suspects devant les tribunaux où il représentera l'accusation,
- sera chargé de l'exécution des éventuelles peines.
La réforme devrait être lancée
au début 2011.
(avec Reuters)
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