Cette année encore le rapport de la Fondation Abbé Pierre n'y va pas avec le dos de la cuiller pour décrire la misère. Plus de 10 millions de Français sont confrontés à la crise du logement en 2009(*). Un mal-logement qui recouvre des situations très diverses dont près de 600.000 enfants.
Les conclusions du 15eme rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre souligne des facteurs divers aggravés par la crise économique.
Selon la Fondation, la crise du logement est devenu un "creuset des inégalités" pour des millions de personnes en proie à ce "grave problème de société" et un "facteur d'appauvrissement"
La Fondation Abbé Pierre propose pour y remédier, une batterie de mesures.
- "imposer sur tout le territoire et dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 30% de logements à loyer accessible".
- "encadrer" les loyers des logements qui changent de locataires et ont une fâcheuse tendance à augmenter.
- "mettre en place un chèque énergie pour les plus pauvres".
Premier facteur aggravant de la crise du logement selon la Fondation, "la durée" : période durant laquelle la personne est mal-logée. Celle-ci ne cesse de croitre.
MANQUE CRUEL DE LOGEMENT :
Selon la Fondation Abbé Pierre, à la fin de l'année 2009 il
manquait 900.000 logement en France, c'est 100.000 de plus qu'à la fin 2008.
Le rapport note un effondrement du "turnover" dans les logements. Un manque de mobilité qui réduit mécaniquement l'offre selon le rapport.
AUGMENTATION DES LOYERS :
Deuxième facteur aggravant, l'augmentation des loyers qui pénalise encore et encore les plus précaires.Le coût annuel moyen de la location ou de l'achat
d'un logement ne cesse de progresser (+23% entre 2002 et 2007). Cette envolée obligent les nouveaux acquéreurs doivent s'endetter sur des périodes
toujours plus longues : 14 ans en moyenne en 2001, 18 en 2009. Pour les
locataires, la légère baisse globale des loyers enregistrée en 2009 "ne modifie pas la tendance à la hausse" dans le privé, souligne le rapport.
Enfin, la Fondation Abbé Pierre précise que la crise du logement concerne quelque 600.000 enfants accentuant ce qu'elle appelle, le "déterminisme social" de la crise du logement. Les conséquences sanitaires et médicales sont souvent dramatiques : saturnisme, affections respiratoires, mauvaise alimentation, mauvaise hygiène, troubles du sommeil, sans oublier des difficultés de scolarité et d'intégration sociale.
(*) français vivant dans des cabanes,
familles nombreuses en chambre d'hôtel, en instance d'expulsion ou vivant dans
des copropriétés insalubres.
(avec AFP)



