Le procureur Jean-claude Marin annonce qu'il fera appel de la relaxe de Dominique de Villepin.
Cette annonce intervient au lendemain de la relaxe prononcée par le tribunal correctionnel de Paris
pour l'ancien Premier Ministre dans l'affaire des faux listings de la
société Clearstream.
Étrange ballet judiciaire et politique depuis la relaxe prononcée hier par le tribunal correctionnel de Paris pour Dominique de Villepin.
Tout commence hier par la satisfaction du camp Villepin à la sortie du tribunal.
L'ancien Premier Ministre lui, magnanime, déclare vouloir tourner la page et aller de l'avant. Dominique de Villepin entend désormais vouloir servir la France sans "rancœur" ni "haine" ni "amertume".
Dans la journée, Nicolas Sarkozy,
partie civile dans ce dossier, annonce qu'il est satisfait du
jugement et ne fera pas appel. Une déclaration surprenante puisqu'une partie civile n'a pas juridiquement le
pouvoir de faire appel d'une décision pénale, celle-ci appartenant exclusivement au
parquet.
Et c'est la que l'on peut s'interroger.
Premier élément :
- Le parquet c'est le ministère public. Celui-ci est sous tutelle de l'exécutif.
Sachant que le chef de l'État n'a pas les moyens juridiques de faire appel, pourquoi Nicolas Sarkozy publie t-il un communiqué dans lequel il indique qu'il n'aura pas recours à un droit qu'il n'a pas ?
Second élément :
- Sachant que le procès en appel ne se déroulera pas avant la fin de cette année, voire même le début de l'année 2011, on peut s'interroger sur la volonté de barrer la route à une possible candidature de Dominique de Villepin à la Présidentielle de 2012 ; l'ancien Premier Ministre étant aujourd'hui la seule alternative crédible à droite en situation de s'opposer à Nicolas Sarkozy.
On ne peut pas dire que Dominique de Villepin ait fait beaucoup de mystères sur ses ambitions dans ce domaine.
Depuis ce matin les juristes et spécialistes expliquent que dans tout dossier judiciaire, lorsqu'un procureur de la République réclame une peine et qu'il ne l'obtient pas, il fait appel. L'argument est repris en boucle par les "Sarkosistes", Patrick Devedjian en tête (ministre de la relance et par ailleurs avocat).
Soulignons que ces mêmes observateurs expliquaient hier, après l'annonce de la relaxe de Dominique de Villepin, pourquoi, d'un point de vu politique et juridique, le procureur Marin n'avait aucun intérêt à faire appel. Rien dans les textes ne l'y oblige
A moins de confondre la règle et la coutume, nul doute que dans cette affaire, l'erreur tactique pourrait tourner à la faute politique sachant que comme l'a écrit Montesquieu : "Il n'y a point de plus cruelle tyranie que celle que l'on exerce à l'ombre des lois et avec les couleurs de la justice."



