Différences de points de vues à gauche, querelles à droite, la burqua divise.
Après six
mois de travaux, la mission d'information de l'Assemblée nationale sur le port du voile
intégral, créée en juin dernier, a présenté dans la douleur ce mardi son rapport. Un texte consensus à minima.
L'interdiction du voile intégral pourrait s'appliquer pour l'heure aux seuls services publics.
VOICI LES PRINCIPALES MESURES PRÉCONISÉES PAR LA COMMISSION
La mission parlementaire sur le port du voile
intégral, qui a remis mardi son rapport, a rédigé une proposition de
résolution par l'Assemblée Nationale et non une loi. La résolution ne fait pas force de loi mais permet d'affirmer un principe de manière solennelle.
La commission propose :
- de considérer comme nécessaire de réaffirmer les valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité qui fondent notre vivre ensemble et qui s'opposent à toutes les formes d'intégrisme, de communautarisme et de sectarisme
- d'estimer que ces valeurs fondatrices ont pour conséquence directe le refus de toute atteinte aux principes de mixité et d'égalité des sexes et l'obligation de protéger les personnes les plus vulnérables, en particulier les mineurs
- d'affirmer que le port du voile intégral est contraire aux valeurs de la République.
- de condamner les violences et les contraintes pesant sur les femmes et préconise le renforcement des mesures visant à promouvoir l'égalité entre femmes et hommes.
- d'affirmer le soutien de la France, qui à ce titre se doit d'être exemplaire, aux femmes victimes de violences et de discriminations de par le monde.
- d'apporter son soutien aux élus, aux agents publics, aux associations et à tous ceux qui combattent le port du voile intégral.
- de considère que la liberté de conscience ne peut s'exercer que dans le respect du principe de laïcité.
- d'estimer nécessaire de promouvoir une société ouverte et tolérante et de lutter contre toutes les discriminations
- de proclamer que c'est toute la France qui dit non au voile intégral et demande que cette pratique soit prohibée sur le territoire de la République.
DROITE ET GAUCHE DIVISÉES SUR CE THÈME
Faut-il recourir à la loi pour interdire le port du voile intégral en France ?
Le président du groupe UMP de l'Assemblée, Jean-François Copé, y est favorable.
L'idée ne fait pas l'unanimité tant au sein de la majorité qu'au sein du gouvernement.
En effet, dans
un entretien paru lundi (25/01/10) dans Le Figaro, la ministre de la Justice,
Michèle Alliot-Marie, met en garde contre une loi "qu'on ne serait pas
en mesure d'appliquer".
Rachida Dati salue, elle, "le courage" du chef de file des députés UMP.
Les
socialistes divisés sur ce sujet se sont finalement déclarés hostiles à
"une loi de circonstance" et dénoncent un débat "pollué par celui sur
l'identité nationale".
C'est la raison pour laquelle les membres socialistes de la
mission ont décidé de ne pas prendre part au vote consensuel.
Selon le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, il y aurait actuellement en France 1.900 femmes voilées intégralement, les deux tiers seraient françaises, un quart d'entre elles seraient des converties à l'islam et la moitié d'entre elles auraient moins de 40 ans.
(Avec AP)



