Réforme de fond ou simple toilettage, le législateur a, en tous cas, souhaité revoir les critères d'attribution de ces précieuses étoiles afin de les rendre plus lisibles
pour le client. La création d'une catégorie "cinq étoiles" n'a eu comme seul but d'aligner la France sur la concurrence internationale. Quelques dizaines d'établissements parmi lesquels le Ritz à Paris ou le Negresco à Nice, n'ont pas eu à attendre l'arrêté et arborent déjà "cinq étoiles".
Du plus spartiate au palace azuréen, la réforme concerne 18 mille établissements et près de 600 mille chambres.
La dernière réforme remontait à plus de 20 ans (1986). Autant dire que certains hôtels vont devoir entreprendre de
gros travaux de rénovation pour conserver leurs étoiles.
Selon les professionnels, le montant du marché pour cette
rénovation est estimé entre huit et dix milliards d'euros. Une facture salée pour beaucoup puisque à ce toilettage, viennent s'ajouter :
- des travaux de mise aux normes d'accessibilité, applicables en 2015,
- des travaux de mise aux normes incendie dès 2011.
DES PROFESSIONNELS ACQUIS A LA REFORME
- Selon Christine Pujol, la présidente de l'Umih, «Le référentiel était dépassé».
- «Face à un «deux étoiles», les clients ne savent plus à quoi s'attendre», déclare pour sa part, Geneviève Balher, la présidente des hôtels au Synhorcat.
INSTAURATION D'UN CONTRÔLE PLANIFIE
Les professionnels remettront leur ou leurs étoiles en jeu tous les cinq ans. Le maintien dans telle ou telle catégorie sera d'autant plus méritoire que la loi prévoit une
révision régulière des critères.
Autre critère d'importance, s'il reste volontaire, faire classer son hôtel devient payant.
Les enquêtes ne sont plus du ressort de la DGCCRF mais de cabinets
d'audit accrédités. La décision finale reviendra au préfet.
LE "UNE ÉTOILE" : MINIMUM GARANTI
La
peu glorieuse catégorie «0 étoile» disparaît donc et fusionne avec la
«une étoile».
Selon le "Synhorcat"«Les consommateurs sauront que même une étoile garantit
l'hygiène, la salubrité et le bon état des équipements».
Dernier élément de taille, l'Étoile n'est pas un label. Son attribution repose à la fois sur des critères certes objectifs, mais aussi sur des critères subjectifs.
On peu regretter, à l'instar de Mark Watkins, le président du Comité pour la
modernisation de l'hôtellerie française, que les clients n'aient pas été interrogés.
Un "référentiel" qu'il juge pour sa part déjà
ringard» et très en-deçà de la concurrence étrangère.
Selon lui, enfin, cette nouvelle règle favorise les groupes hôteliers au détriment
des indépendants. Cette réforme pourrait avoir la peau de 3.000 à 4.000 hôtels d'ici trois ans conclu Mark Watkins.
(avec AFP)



