La Suisse s'inquiète des réactions des pays musulmans.
Depuis les résultats hier du référendum interdisant à 57,5% la construction de minarets dans le pays, les autorités helvétiques craignent désormais pour leurs relations commerciales et diplomatiques avec le monde musulman.
Le Vatican a réagit qualifiant ce résultat de coup dur porté à la liberté de religion. Même déclaration du coté de l'ONU.
En France le Front National s'engouffre et demande la tenue d'un référendum sur le "communautarisme". le vice-ministre italien des transports propose de son coté d'ajouter un
crucifix au drapeau national, afin d'affirmer "le droit de l'Europe de
retrouver sa propre identité".
L'interdiction des minarets votée en Suisse, intervient alors que le gouvernement français lance son grand débat sur l'identité nationale. Malaise !
Pourtant, un modus vivendi semble satisfaire fidèles musulmans et autorités Françaises.
En France la construction de mosquées, avec ou sans minaret, relève de la compétence des municipalités. Ces dernières années, plusieurs projets ont été réalisés à l'issue de discussions entre mairies et responsables musulmans, sans susciter de fièvre nationale.
A Strasbourg par exemple, la future mosquée n'a pas de minaret. La précédente municipalité n'en voulait pas mais l'actuelle serait prête à l'accepter si la communauté musulmane le demandait. Il s'agit donc bien d'une négociation locale.Selon le président du CRCM Ile-de-France, "depuis la mise en place du CFCM, en 2003, il y a plus de constructions de mosquées avec minaret.
Selon le Conseil Régional du Culte Musulman, ces constructions de mosquée avec minaret ont été perçues par de nombreux musulmans comme une acceptation de l'islam" qui pourrait "aider les musulmans à se reconnaître dans les valeurs de la République".
POUR COMPRENDRE
- Selon le CRCM en France, le minaret ne sert pas à lancer l'appel à la prière, on n'entend pas le muezzin.
- Pendant de longues années, les musulmans n'ont pas eu de "vraie" mosquée en France, à part la Grande Mosquée de paris, inaugurée en 1926.
- En France, le patrimoine immobilier religieux est en majorité antérieur à la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'État (une époque où l'islam était très peu présent dans l'hexagone).
- Actuellement on estime à 6 millions le nombre de musulmans en France. Cette communauté dispose proportionnellement de beaucoup moins de lieux de culte que les autres religions.
- Au nom du principe de laïcité de l'État, les pouvoirs publics ne financent pas la construction d'aucun lieu de culte. Les municipalités peuvent en revanche contribuer au financement de la partie culturelle de l'établissement comme la bibliothèque ou en accordant à la communauté des baux de longue durée (emphytéotiques - 99 ans)pour le terrain.
Souvenons-nous pour conclure de cette phrase du maréchal Lyautey en 1922 lors de l'inauguration des travaux de la Grande Mosquée de Paris : "quand s'érigera le minaret que vous allez construire, il ne montera vers le beau ciel de l'Ile-de-France qu'une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront pas jalouses".
(Avec AFP)



