Visiblement Nicolas Sarkozy n'aime pas les sifflets et les critiques.
Que va t-il réserver aux centaines de milliers de manifestants qui ont défilé partout en France hier.
Les muter ? Les licencier ? Les mettre au placard comme il vient de le faire pour le préfet et le directeur de la police de la Manche ?
Seulement voila, la forte mobilisation de ce 29 janvier (la plus forte depuis les manifestation anti-CPE) force l'Elysée à baisser d'un ton, à la mettre en veilleuse. Editorial.
SOUVENEZ-VOUS
NICOLAS SARKOZY N'AIME PAS QU'ON S'OPPOSE
- Je suis inquiet ce matin pour le préfet de Paris, le préfet des Bouches du Rhône, le préfet du Rhône, le préfet de Haute-Garonne qui ne sont pas parvenus à contenir, interdire ou faire taire les inquiétudes de la rue. Ces centaines de milliers de personnes en France qui ont réussi a exprimer leur ras-le-bol. Attention, pas n'importe quel ras-le-bol, nous n'avons pas assisté hier à des revendications catégorielles destinées à lutter contre telle ou telle réforme - entre un millions et deux millions et demi de personnes sont descendus dans la rue pour s'interroger et exprimer leur angoisse sur le devenir de notre société, de notre vivre ensemble. Le malaise est plus grave, moins stigmatisant, plus général.
- Je suis inquiet aussi pour celles et ceux qui ont osé crier leur angoisse.
Vont-ils, eux aussi, être mutés comme l'a été le préfet de la Manche, Jean Charbonniaud, mercredi (ancien chef de cabinet de Dominique de Villepin) sept mois après sa prise de fonction ?
- Je suis inquiet pour tous ces gens, ces citoyens, ces hommes et ces femmes qui risquent à leur tour d'être recyclés je ne sais où comme le directeur de la police de la Manche à qui l'on a demandé hier soir de choisir une autre affectation.
La mise au placard de ces deux hommes semblent bien être la conséquence du mécontentement de Nicolas Sarkozy après sa visite mouvementée à St-Lô le 12 janvier dernier. Le sifflet des manifestants s'était fait entendre jusque dans la salle de conférence, des manifestants visiblement pas assez tenus à l'écart, trop voyants !
UN NON ÉVÉNEMENT
"Je n'ai rien à dire. Il y a périodiquement
des mutations de préfets, ça a été une mutation de préfet, ça n'est pas
un élément nouveau dans l'histoire de la République", a déclaré ce matin sur RTL, Raymond Soubie, le conseiller social de Nicolas Sarkozy."Celle-là (cette mutation) ne me paraît pas anormale.
LE CHEF A TOUJOURS RAISON
Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP a estimé ce matin que si le préfet de la Manche a été déplacé c'est que
"sans doute il a failli sur un certain nombre de choses" soulignant que
les "hauts fonctionnaires doivent rendre des comptes quand il y a des
fautes, des erreurs". Le cap des réformes sera maintenu a t-il poursuivi en substance.
"Il ne m'a pas échappé que le déplacement du président de la République
ne s'était pas forcément passé dans les meilleures conditions (pour Nicolas Sarkozy) mais aussi pour les manifestants" a déclaré sur France Info ce matin, Luc Chatel, le porte parole du gouvernement.
NON NON RIEN A CHANGÉ ...
Nicolas Sarkozy doit rencontrer les partenaires sociaux fin février. Ni l'emploi ni le pouvoir d'achat ne sont prévus au menu des discussions.
Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT a prévenu contre "les rendez-vous sans résultat".



