Et une première reculade !
Xavier Darcos aurait décidé en accord avec l'Elysée, de reporter d'un an la réforme du lycée. Une décision prise en raison de l'ampleur de la grogne dans les
lycées et disons-le, plus généralement, du grondement social qui semble enfin faire écho dans les ministères.
Si une telle décision est qualifiée de "succès" par les syndicats et les
lycéens, tous ont cependant décidé de maintenir leur mobilisation.
La main sur le coeur, le ministre de l'éducation l'a affirmé ce matin sur Europe 1, "cette décision a été prise durant le week-end, après "consultation" et "accord" du chef de l'Etat.
Un peu plus tard c'était au tour de François Fillon d'indiquer que ce report était justifié en raison du besoin d'explication de la réforme.
Sur le fond pas de changement : Matignon a bien confirmé dans la journée que la classe de première nouvelle version sera pour la rentrée 2011 et celle de terminale pour la rentrée 2012.
Dans les lycées on ne lâche rien !
Malgré l'annonce de Xavier Darcos, les lycéens ont à nouveau manifesté dans un peu plus d'une dizaine de villes en France.
Certains lycées ont été bloqués ou perturbés:
une vingtaine dans l'académie de Rennes, une quarantaine dans celle
d'Aix-Marseille, 34 en Basse-Normandie, une vingtaine à Nantes.
Comme s'il fallait montrer que la mobilisation restait intact, selon la FSU, une centaine de "réveillons revendicatifs", devaient avoir lieu ce soir dans plusieurs établissements.
Stratégie d'évitement, vrai recul ou enterrement de 1ère classe ?
Je dirais repli stratégique, pour sortir de ce dossier par le haut. Comme un goût d'inachevé. Interrogé ce matin par la presse, Xavier Darcos a expliqué que "si le climat social n'avait pas été ce qu'il est, la réforme aurait pu
passer, d'autant qu'elle commençait à faire l'objet d'un consensus de
la part des représentants des enseignants".
François Fillon un peu plus tard dans la journée s'est exprimé indiquant que l'on était pas "à trois mois près". Comprenne qui voudra !
Un climat social très hostile !
La crise économique est là et bien là.
Montée du chômage, baisse du pouvoir d'achat, industries en berne : l'État prend l'eau. Ce matin Carlos Goshn, le PDG de Renault a indiqué que la marque au losange n'avait pas encore touchée le fond. Les principaux représentants du secteur on d'ailleurs été reçu dans la journée à l'Elysée pour demander des mesures plus significatives que la prime à la case à 1.000 euros annoncée la semaine dernière par Nicolas Sarkozy. Ajoutez à cela l'annonce ce matin de BNP-Paribas, Natixis et de la banque britannique HSBC de la possible perte de plusieurs centaines de millions d'euros, liée à leurs investissements dans les
sociétés de Bernard Madoff (une figure de Wall Street soupçonnée
d'avoir orchestré pendant des années une fraude colossale) et la crainte non avouée d'une possible propagation à l'Union Européenne de la fronde sociale qui agite la Grèce en ce moment, vous obtenez une poudrière sur laquelle personne, pas même les ministres les plus téméraires, ne veulent s'asseoir.
A huit jours de Noël, les lycéens restent mobilisés. L'UNL a annoncé qu'elle maintenait son mot d'ordre de manifestations pour jeudi.
Pour le reste, huit organisations (CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT, FO, la FSU,
Solidaires et Unsa) ont appellé les salariés du privé et du public, chômeurs
et retraités à manifester et à faire grève le 29 janvier prochain, pour une politique de relance par la
consommation.
(Photo AFP).



