Patrick de Carolis, le PDG de France Télévision a fait enterriner ce matin par le conseil d'administration de France télévisions, la suppression de la publicité après 20 heures, sur toutes les chaines du groupe, sauf RFO à partir du 5 janvier 2009.
La décision a été prise par neuf voix contre deux, avant même la promulgation de la loi sur l'audiovisuel dont le passage au Sénat a finalement été reporté au mois de janvier.
L'initiative est pour le moins inhabituelle.
C'est le gouvernement lui même qui a demandé à Patrick de
Carolis d'annoncer de lui-même l'arrêt de la publicité entre 20h et 6h
à partir du 5 janvier sur toutes les chaînes de France Télévisions sauf
RFO, en raison du retard dans l'examen parlementaire du projet de loi.
La suppression définitive de la publicité à France Télévisions est prévue fin 2011, au moment de l'extinction de l'analogique.
Commencé le 25 novembre à l'Assemblée, l'examen de la réforme de l'audiovisuel par le parlement piétine en raison notamment de la lutte acharnée que mène actuellement l'opposition en multipliant les amendements.
L'audiovisuel public encore un peu plus à la botte de l'Élysée.
La loi portant réforme de l'audiovisuel public est un véritable fourre tout. Un dossier à tiroir dans lequel on trouve notamment deux mesures phare :
- La nomination du PDG de France Télévision par le chef de l'État.
Une mesure que les français désapprouvent massivement.
- La suppression de la publicité après 20 heures à partir du 5 janvier.
Pour compenser la suppression progressive de la publicité, France Télévision percevra durant les trois prochaines années, 450 millions d'euros grâce aux fruits de la redevance mais surtout de de deux nouvelles taxes. Une nouvelle taxe sur les fournisseurs d'accès internet (FAI) et une autre sur le chiffre d'affaires publicitaire des chaînes privées. (Pour lesquelles on ignore quelles seront les retombés d'une telle mesure).
Le compte n'y est pas.
Selon la CGT, en 2009, France
Télévisions prévoit un déficit de 135 millions d'euros, après une année
2008 marquée par un déficit de 116 millions d'euros.
Avec de telles approximation financières, les craintes de la vente par lots d'une partie de l'audiovisuel public se fait de plus en plus sentir.
Pourtant, la main sur le cœur, le chef de l'État avait promis le 8 janvier dernier de ne jamais toucher au périmètre de l'audiovisuel public. Les promesses n'engagent que ceux qui les croient ! !



